Endemic: Terminal Illness

Publié le par Crazy Horus


Hé non le rap british aussi discret qu’il soit est loin d’être mort ! Il pouvait déjà compter sur d’illustres noms, comme Roots Manuva, Dizzee Rascal, The Streets, Blak Twang et j’en passe, il peut désormais s’enrichir un peu plus grâce à un producteur plutôt doué nommé Endemic.

 

Né en 1979 dans le South London, il déménage à Nottingham dans les années 1990 où il découvre par l’intermédiaire de son grand frère les classiques de Public Enemy et de NWA. Le mal est fait, il contracte le virus à jamais. Désormais, ses voyages musicaux l’amènent à frotter ses oreilles au son brut des rues de New York et principalement du côté du Wu Tang Clan (qui a pu passer à coté ?) ainsi que du Boot Camp Click. Un peu plus tard, il fait la connaissance de DJ Phantom aka Gustav Guerra et fonde son propre label No Cure Records. Par cette action, Endemic tient avant tout à retourner dans le passé afin de retrouver l’essence de ce rap qui a bouleversé le monde du Hip Hop et qui est resté ancré en lui telle une endémie…

 

Après la réalisation de sa mix tape Terminal Illness No Cure Mix Tape sur laquelle on pouvait déjà entrevoir l’orientation qu’allaient prendre ses futures productions, il passe à la vitesse supérieure en enregistrant le soulful Terminal Illness. Plus qu’un simple retour au rap des années 1990,  c’est un véritable hommage qu’il rend à un certain type de productions et à une manière particulière de travailler, un peu à la RZA.

 

La musicalité du présent album partage donc de nombreux points communs avec les sons de Bronze Nazareth, Timbo King, 4th Disciple et maître RZA, qui sur leurs œuvres respectives font la part belle aux boucles d’une soul raffinée, presque intacte, mais qu’il fallait ciseler une nouvelle fois pour lui redonner une seconde vie. Le résultat est là, nostalgique, superbe, puissant, digne de ses prédécesseurs. Le projet a d’ailleurs attiré de fins MC : Sean Price, Ruste Juxx, The Wisemen, Timbo King, Planet Asia, Killah Priest ainsi que son très doué compatriote Melanin 9. Quelques mois avant sa sortie, quelques titres alléchants avaient filtré comme « Robin Hood Theory », « Comin To Kill » et avaient aimanté quelques tympans à la recherche du frisson chronique. Deux morceaux produits dans les règles de l’art, taillés à coups de violons cafardeux, de boucles syncopées de piano et de cuivres indolents, portés par les incisifs Timbo King/Planet Asia (« Robin Hood Theory ») et le trio Sean Price/Ruste Juxx/Sav Killz (« Comin To Kill »). L’intégration de ces deux titres plutôt persuasifs dans l’opus final, est sans conteste une réussite, l’harmonie musicale soulful étant respectée. Quoi de plus logique donc, que le morceau intitulé « Cant Stand To Wake Up (Motown Grown) » en featuring avec The Wisemen pour peindre ce décor soul vertigineux digne de The Great Migration ou de The Last Shall Be First.

 

Le jeune producteur anglais réussit à retranscrire le climat parfois lourd et apocalyptique des productions estampillées Wu, grâce à des samples et des sonorités hypnotiques (« One Day », « Hypocrites ») dont l’engourdissement ne manquera pas d’évoquer certains titres de Wu Tang Forever.

 

La richesse de Terminall Illness, résulte dans le fait que l’auditeur tout en restant sur une logique d’écoute liée à une certaine façon de produire, a la possibilité de passer d’une dynamique à une autre sans pour autant échapper à la cohérence de l’album. Le sample soul est en quelque sorte sa ligne directrice, celle qui l’amène à garder un cap, et grâce à laquelle des milliers de combinaisons sont possibles, retranscrivant quelques fois la beauté pure de l’Ame (entendez Soul) sur « Look My Way » teintée de délicats et élégants cuivres ou bien se faisant plus brut mais non moins musical avec « Bang One Me ».

Par ailleurs, le genre épique est bel et bien présent et parfaitement maîtrisé délivrant ainsi le déchainement lyrical des sombres cavaliers que sont Sean Price et Ruste Juxx sur « I’m Show Ya », ou recouvrant de son une ombre majestueuse le titre « From BK To UK ». En s’écartant de la noirceur de certains morceaux, Endemic trouve occasionnellement une fraîcheur agréable (« Political Criminals », « Not Like Us ») faite un peu à la manière d’une ballade qui aurait conservé malgré tout une certaine morosité presque automnale.

 

Bien qu’un peu court, Terminal Illness reste un opus produit avec soin, peu original mais de qualité. Certains évoqueront probablement le côté « déjà entendu » et s’en lasseront assez vite, d’autres y verront la continuité musicale des RZA, 4th Disciple et Bronze Nazareth, un son qui perdure et toujours actuel, la preuve.

 

 

 

Chronique publiée pour Rap2k.com

 



Publié dans Rap

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Commenter cet article

Maro 18/02/2010 12:09


Perso l'album ne m'a pas du tout convaincu...
J'ai comme l'impression d'avoir entendu ce genre d'instru 10000 fois...


Crazy Horus 18/02/2010 12:39


bah c'est clair que ce n'est pas ce qu'il y a de plus original mais bon le mec a fait du bon boulot, c'est propre, bien soulful, et sans prétention. Pour un premier opus c'est plus qu'honorable, la
tracklist est très bonne, mais bon et les couleurs hein ;)


Crazy Horus 16/07/2009 21:30

Merci les gars ça fait plaiz de voir vos p'tits com'. Passez de temps en temps ça fera une occasion de plus pour parler musique.

Tom 16/07/2009 00:27

Well done Bro! T'es juste une putain de bible!

Stef 16/07/2009 00:07

Ca fait vraiment plaiz de lire ces lignes. Encore un artiste décpouvert. merci