Sa-Ra: Nuclear Evolution: The Age Of Love

Publié le par Crazy Horus


Il se sera fait attendre mais il est là, deux ans après leur joli coup qu’est The Hollywood Recordings (2007). Les explorateurs du son intergalactique des années 2000 nous reviennent donc en ce milieu d’année 2009 avec ce magistral Nuclear Evolution : The Age Of Love. Forts de leurs expériences musicales dont leurs collaborations avec Pharoahe Monch, J Dilla, Talib Kweli, Iggy Pop, Herbie Hancock ou encore la sublime Erykah Badu, le trio baroque se fait encore plus créatif.

 

Nuclear Evolution est avant tout un véritable trip musical loin de toute conformité. Gentiment excentriques, les trois artistes (Om'Mas Keith, Taz Arnold et Shafiq Husayn) déploient un univers ultra barré, fait d’un funk sophistiqué et d’une touche électro psychédélique. L’opus est à l’image de la pochette, coloré, chaud, un peu sucré (« Bitch Baby ») ce qui le rend pour le moins attirant. Il faut dire que cet album tombe plutôt bien, à l’heure de la sinistrose mondiale. Besoin d’air frais ? D’un bon acide musical ? C’est ce qu’offre cet ultime projet, teinté d’une Nu Soul éclatante (« Dirty Beauty », « My Star ») pour une évasion cosmico futuriste.

 

Le disque se trouve être une sorte de contemplation musicale complexe, faite de morceaux à la fois amorphes et bigarrés (« I Swear », « Melodee N Mynor ») le plus souvent insaisissables. Et c’est bien ça qui fait la force de l’œuvre : indéfinissable, nébuleuse déroutante et surtout imprévisible. Peut être difficile d’accès à la première écoute, l’opus se révèle d’une richesse extrême, alternant divers univers. Ainsi, on passe d’un instant chargé de sensualité avec « Bitch Baby » aux sept minutes envoûtantes de « Love Czars ». Afin de pousser l’électrochoc encore plus loin, le super groupe délivre une musique électro largement débridée (« Move Your Ass ») à vous faire perdre le sens du rythme. L’atmosphère générale de l’album s’engouffre dans des sonorités optimistes (« Love Today »), masquées par un voile mystérieux qui rend la chose presque ineffable (« The Bone Song »). Le ton tourne assez vite à l’abracadabrant (« Traffika »), à en devenir quasi fou, voire schizophrénique. Certains trouveront ça désagréable, inécoutable, d’autres au contraire y trouveront peut être une manière de dissimuler leur folie passagère. Une chose est certaine, Nuclear Evolution ne laissera pas insensible, même les plus endurcis. Car comment résister à « Just Like A Baby » et à son rythme blues ? Ou à « Cosmic Ball » avec son jazz sinusoïdal ? Je vous le demande.

 

On en viendrait presque à tirer des plans sur la comète et à se dire que dans quelques années cet album sera considéré comme un classique (si ce n’est déjà fait). Pour le moins que l’on puisse dire, Nuclear Evolution est une valeur sûre dans l’inclassable. A noter pour finir que les performances d’Erykah Badu et de Rozzi Daime en matière d’adaptation sont impressionnantes. Welcome in a new world.         


  


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Lil' $im 01/08/2009 10:28

Salut man. Est ce que cet opus est dans la continuité du premier album ou bien il y a quelque chose de différent ? J'ai le 1er album chez moi et j'ai pas super apprécié...

Crazy Horus 02/08/2009 01:37


Cet opus est quand même bien différent de leur maxi. Si t'as pas aimé The Hollywood Recordings à mon avis tu ne vas pas trop apprécier cet album. C'est quand même ultra barré comme trip mais moi je
trouve ça génial. Je te conseille de l'écouter tout de même tu te feras ton propre avis comme ça ;)