Randam Luck: Graveyard Shift

Publié le par Crazy Horus


Amateurs de son patatte et de samples qui déboitent approchez ! Il serait dommage de passer à côté du dernier Randam Luck tout fraîchement sorti. Le groupe revient cette année avec un rap presque aussi furieux que ses grands frères de Jedi Mind Tricks. Il faut dire que la recette est bien connue (heavy beats, gros samples, scratche enflammés, flows enragés) et a été largement usitée par des groupes comme Outerspace, Army Of The Pharaoh's ou les cousins germains de Snowgoons. Alors certes, cela peut gaver certaines personnes, celles-ci passeront leur chemin, les autres y jetteront probablement une oreille attentionnée. 

 Après leur premier opus Conspiracy Of Silence (2008) qui fut un réel succès grâce à des morceaux chargés à la dynamite comme « Where Ya At ? », « Raw » featuring Vinnie Paz ou encore « Murda », le groupe de San Diego continue sa fougueuse lancée sur le label Babygrande pour l’année 2009. Au final peu seront surpris par la nouvelle galette à la cover quasi gothique. Pas étonné non plus de lire sur la liste des producteurs les allemands de Snowgoons. On sait déjà  quoi attendre d’une telle sortie non ?

 Comme à l’accoutumée le son est ample, les lyrics hardcore, les flows affutés pour passer une heure sous une avalanche de violence musicale. Après une première écoute se dégage donc cette première impression (confirmée par une deuxième écoute, corroborée à son tour par une troisième qui…ouais bon j’arrête) que Graveyard Shift souffre d’un essoufflement à partir de la moitié. N’est ce pas d’ailleurs un des problèmes chroniques qu’on relève dans les albums de rap US ? Il est clair que Randam Luck n’a pas su éviter cet écueil. Tout partait pourtant si bien grâce à des titres ravagés comme l’introductif « You Will Never Be » avec son refrain de feu sur un sample bouillant. Les premières minutes sont un réel plaisir fait de rythmes effrénés (« Back To Business ») débordés par une explosion de cuts et de scratchs comme sur l’excellent « Listen ». La formule s’avère efficace une nouvelle fois et fait de cette expérience quelque chose d’irréversible. Influence Jedi Mind Tricks oblige, on aime les coups de violons acérés sur « Blood » et les ambiances oppressantes de « Danger » portées à leur maximum par la Coka Nostra. Parfois moins surexcitée, la musique n’en reste pas moins prodigieuse comme le démontre « Celebrity Smackdown » et « Get Ya’ Mind Right » à la production très 90s.

 Mais ce qui devait arriver arriva : les titres s’enchaînent et finissent par trop se ressembler ce qui a tendance à créer une masse uniforme (« Mystery On The Block », « Pick Your Poison », « Whatch Your Step ») d’où rien ne sort particulièrement si ce n’est « Street Goons » produit par Snowgoons et le très frais « Golden State ». Bien qu’il soit regrettable, ce passage à vide n’a rien de mauvais en soi tant il est difficile de tenir un album entier avec une telle énergie. En revanche, certains morceaux pourront probablement trouver une seconde vie et un épanouissement en live. Ce que l’on pourrait juste reprocher c’est un manque d’équilibre entre les deux parties, la première étant de loin la meilleure.  

 Au final, Graveyard Shift est un opus qui ne surprend pas mais délivre malgré tout la même poigne qu’aux premiers jours de 2008. Peu de baisse de régime entre les deux albums pour un travail dans la continuité. Les fans aimeront c’est certain !    

 


Publié dans Rap

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