Notes To Self: A Shot In The Dark

Publié le par Crazy Horus


Swamp Donkey, Roshin, Bronze One et DJ Dopey sont les quatre rappeurs de Toronto qui forment le groupe Notes To Self. Ceux-ci n’ont rien d’ailleurs rien à envier à leurs voisins américains. Pour eux la langue n’est pas une barrière et ils la manient fort bien. Leur dernier album A Shot In The Dark est sans conteste une belle surprise qui gagne à être reconnue pour ses qualités. Si DJ Dopey est d'origine asiatique la ressemblance avec les Dilated Peoples ne s'arrête pas là. Une même envie anime les deux groupes, d'où cette sonorité si proche. Alors à quoi peut-on s’attendre avec un album venant des boarders ?

La réponse est simple : du très bon son. Un rap efficace, à la fois brut et subtil qui sonne très hip hop, attisé notamment par des flows extrêment solides et des scratches magistraux à la Babu. Car ces quatre bonhommes ont du talent à revendre et chacun dans leur domaine respectif. On remarque surtout le brillant travail de production de Bronze One, pierre angulaire de l’album. Mais pour obtenir un tel résultat il faut être soudé, comme les trois mousquetaires et ce n’est plus un mystère, tout le monde sait qu’ils étaient quatre…

L’opus apparaît donc comme une œuvre purement hip hop grâce à des titres plus qu’attrayants comme « Yellow And Grey » et son beat martelé accompagné de son sample cuivré et de son refrain soul accéléré. Contraste intéressant qui vaut le détour, tout comme son remix avec les Dilated Peoples que l’on retrouvera comme ultime morceau de l’album. La collaboration avec le trio californien trouve un second souffle avec la participation d’Evidence sur « Nobody », mélange de flows nonchalants lentement articulés sur un sample soul saccadé enrichi de cuts volubiles. La répartition des différents titres étant assez bien respectée, A Shot In The Dark possède une très bonne tenue de route et évite ainsi tout dérapage grâce à l’apport dynamique de « Don’t Try This At Home », « Midnight Oil » et au bouillonnant « Throw Your (Hands Up) ».

Le groupe fait preuve d’une grande créativité dans le choix de samples gracieux aux accents très jazz comme « Shrink Rap », parfois vaporeux comme ceux du titre éponyme, voire doucereux conférant à la ballade sur « Days Like These ». L’album bénéficie donc d’un charme certain qui sans renfort de grosses voix et de samples nerveux parvient tout de même à rester sur  une ligne très volontaire sans pour autant briller par son audace. Peut être est ce là le seul reproche que l’on puisse faire à  A Shot In The Dark. Malgré cette carence en originalité qui n’était probablement pas le but, l’album reste solide de bout en bout tout en conservant une musicalité aigue qu’il serait dommage de manquer.

Désormais nous garderons une oreille attentive sur les prochains projets du groupe tant il a su convaincre. Ne reste plus qu’à en faire la promotion autour de nous et faire partager à un maximum d’auditeurs cette petite pépite tout droit venue du Canada.    


     

 


Publié dans Rap

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