L.E.G.A.C.Y: Suicide Music

Publié le par Crazy Horus


Dans le milieu hip hop, L.E.G.A.C.Y (pour Life Ends Gradually and Changes You) n’est pas le plus optimiste. En attestent ses lyrics qui entretiennent un état d’esprit peu enclin à l’optimisme. Ce grand admirateur de Jim Morrison, nous revient donc quatre longues années après son premier opus Project Mayhem (2005) qu’il était d’ailleurs possible de trouver dans l’édition collector National Mayhem qui comportait notamment The Dream Merchant vol.1 de 9th Wonder ainsi que National Anthem de la Away Team. Premier album dont la production était partagée entre le génial producteur de Little Brother et Krhysis natif du New Jersey et fidèle collaborateur du collectif  de la Justus League (Caroline du Nord). C’est d’ailleurs à ce dernier, que le rappeur a confié l’intégralité de la production de son dernier projet au titre pour le moins étrange : Suicide Music. Mais attention il ne s’agit en aucun cas d’un trip à la Gravediggaz ou d’un concept vaguement horrorcore. Non. Car L.E.G.A.C.Y possède son propre style, rugueux, insaisissable et le classer dans une telle catégorie reviendrait à lui enlever sa personnalité et son originalité.

Si son premier essai nous avait laissé une impression plutôt mitigée due surtout à des productions ennuyeuses, il semblerait que le rappeur ait voulu corriger ce léger défaut pour ce deuxième album. En effet, Suicide Music apporte l’élan que Project Mayhem n’avait pas, grâce à une approche plus musicale et une texture plus ferme. En témoignent « Fly So High » au refrain pitché qui agit telle une césure doucereuse, et « Suicide Music » aux breaks matraqués sur un sample de piano strident. De tels morceaux marquent évidemment l’écoute, d’autant plus que ceux-ci interviennent en début et en fin d’album. L’apport de Krhysis confère au rappeur une profondeur insondable (« Bang ») qui noie l’auditeur dans un clair obscur étrange où apparaît la voix spectrale de Jim Morrison (« Looking Glass »). La majorité des titres relève tout autant de ce climat, hésitant entre dynamique cafardeuse et brèves envolées allègres (« Policia », « The Greatest », « The Age (Fish) »).

Sans pour autant verser dans la caricature, il semblerait que L.E.G.A.C.Y cherche à se parodier lui-même. Ainsi « Connector Man » est servi par un sample très cinématographique genre film d’épouvante et qui vient injecter un second degré intéressant. Autre moment tout aussi différent mais non moins captivant sur « TKO » complété par les charismatiques Phonte, Chaundon et Sean Price.

Après plusieurs écoutes successives, Suicide Music sait se rendre captivant, bien que parfois éreintant. L’opus gagne tout de même en énergie et s’avère beaucoup plus attractif que son précédent. Le rappeur lui-même semble avoir gagné en assurance, s’affirmant par là un peu plus qu’auparavant. L’album reste de bonne facture sans pour autant convaincre totalement. A croire que L.E.G.A.C.Y se trouve dans l’incapacité à dépasser un certain cap.


Publié dans Rap

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Sagittarius 19/08/2009 15:56

J'avais bien apprécié son premier opus, assez psychologique sur les bords mais bien produit et le MC tient le bon bout. Celui là me parle moins, peut-être parce que la Justus League est un peu en stand by en ce moment.

Crazy Horus 19/08/2009 21:03