Fresh Daily: The Gorgeous Killer in Crimes of Passion

Publié le par Crazy Horus


Il faut croire que New York reste une des villes des Etats-Unis où la création musicale vit encore de belles heures malgré la coût de la vie et de la politique de nettoyage de son ex-maire Rudolph Giuliani La grande pomme aura tout de même engendré au fil des décennies, une myriade d’artistes plus ou moins originaux qui ont très vite fait de ce labyrinthe urbain, un foyer artistique bouillonnant. De l’eau a coulé sous les ponts, dirons-nous, depuis la faste période jazz des années 1950, en passant par l’émergence du rock et de ses icônes dans les années 1960-1970 (Lou Reed et le Velvet Underground,  Neil Diamond, New York Dolls etc) jusqu’à l’apparition du Hip Hop dans les ghettos ravagés du Bronx et d’Harlem. Bien que la période la plus riche se trouve derrière nous, la ville recèle encore de nombreux talents dans le milieu du Hip Hop underground.

Fresh Daily, MC originaire de Brooklyn et designer graphique, peu connu pour l’instant mais qui devrait gagner en popularité fait partie de cette génération influencée par les premiers albums de Nas, et les performances de Jean Grae, Mos Def et Talib Kweli. Alors certes, il n’y a rien de réellement original pour ce jeune rappeur qui baigne depuis quelque temps maintenant dans cet univers musical. Seulement, Fresh Daily se définit comme le produit de ces écoutes : “ If you took alot of Jay-Z's swagger, a little of Kanye's flow, some of Pharrell's fashion sensiblity, a touch of Common's consciousness and style, Boot Camp Clik's Brooklyn pride and underground appeal and mixed in MF Doom's and Andre3000's creative wordplay and swirled it in a pot with a poverty-stricken childhood and throw in the mind of Larry David, you get an emcee who has a natural penchant for stunting and swagger that almost brinks on the precepice of "asshole" except for his genuine personality, well then you'd be Fresh”.

Rien que ça… Il faut dire que le rappeur possède avec ça un ego plutôt développé mais on lui pardonnera après l’écoute de son premier album Gorgeous Killer in Crimes of Passion paru chez High Water Music. Car ce projet s’avère vraiment intéressant. Quelques illustres noms viennent s’accoler à la liste des productions comme Oh No, 88-Keys, Exile ou DJ Spinna qui rendent cet opus inévitablement attractif. Fresh n’est pas en reste et ne tient pas à combler une carence technique masquée par des productions élégantes. Non, le MC possède bel et bien un style qui lui est propre : fluide, capable de belles accélérations comme sur le furtif « Supaspectacular ! » malgré une voix qui bien qu’assez commune, fait un certain effet. Gogeous Killer se révèle original, subtil, et ce grâce au gros travail de production. Ainsi, les deux premiers morceaux de l’album « Wildlife » et « Break A Leg » (prod Oh No) bénéficient d’un bel éclat et d’une vivacité saisissante. Retour au boom-bap pour paraphraser KRS-One, sur « Video Gaming » qui redonne une vigueur nouvelle grâce à un a capella de Notorious B.I.G. ou sur le smooth « Love Breakdown » au bpm très 90’s. L’album bénéficie pour sa majeure partie d’une facilité d’écoute qui le rend accessible grâce notamment à sa texture musicale souple (« Me First » featuring Tanya Morgan, « Crimes Of  Passion ») et son côté épuré (« Untucked Nunchucks », « Bullet Tooth Tony »). Le rappeur sait d’ailleurs faire preuve d’humour avec des titres comme « TITS » (pour « Two In The Tee Shirt »), hommage cocasse aux poitrines féminines, évoluant sur une production aux sonorités innocentes d’Exile.

Du sang neuf donc, avec cet artiste qui sort enfin de l’anonymat. Il nous livre ici un son qui se place entre un boom-bap revisité et une simplicité efficace. On regrettera peut être un manque d’intérêt vers la fin (à l’exception de « Love Breakdown ») mais l’entame est excellente et on y reviendra plusieurs fois.   


Publié dans Rap

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SnwogoonS 06/03/2010 15:30


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