Lord Newborn And The Magic Skulls

Publié le par Crazy Horus


Lorsqu’ au cours de l’hiver 2008 le trio Tommy Guerrero/Shawn Lee/Money Mark décide d’hiberner à Los Angeles dans le studio de ce dernier, c’est un « super groupe » qui vient de naître répondant au nom baroque de Lord Newborn and the Magic Skulls.

Durant deux semaines, les trois artistes mettent leur matière grise et leur excentricité en commun afin de livrer un opus bouillonnant, à la charnière de l’électro down tempo, du rock psyché et du funk/jazz, le tout porté par un goût de la fantaisie vraiment plaisant. Chaque artiste possède par ailleurs sa propre expérience : Money Mark dont la collaboration avec les Beastie Boys sur trois de leurs albums (Check Your Head, Ill Communication, Hello Nasty) est un gage de qualité, quant à Shawn Lee et Tommy Guerrero leur passion partagée pour le jazz, la soul et le rock déteindra fortement et permettra ainsi une accumulation harmonieuse des genres musicaux. Résultat, Lord Newborn and the Magic Skulls est composé sous la forme d’une BO un peu farfelue pour film rétro type année 1970.

Essentiellement fait de morceaux instrumentaux (ou presque), sa texture se rapproche intimement du rock des années 1960, comme l’atteste « A Phase Shifter I’m Going Through », sorte de réminiscence d’Abraxas de Carlos Santana, à la saveur opiacée. Même son de cloche concernant « Revenge Of The Fillet o’Fish », et « L.I.V.E » qui évoluent sur la même trame musicale transcendante dans un genre qu’on n’a plus l’habitude d’entendre et qui semblait définitivement révolu. Mais ne nous fions pas à cette apparence qui s’avère en réalité trompeuse. Car derrière cette pochette à la tête de mort hallucinée, se cache une richesse musicale remarquable de par son mariage des genres : électro rock sautillant (« That’s Right (It’s Time To Get Down) »), funk revisité (« Ancient Scrolls ») ou encore down tempo mi inquiétant mi second degré (« Astro Blue »).

De par sa structure, l’opus s’avère à la fois un brin boute-en-train et enchanteur dévoilant un côté électrique et fantasque rafraîchissant. Les nostalgiques de Jefferson Airplane et de musique ondulante trouveront une source intarissable dans la finesse d’un « Rainy Day Dog » ou dans l’extravagance d’un « Ringa Ding Ding Ding ». Lord Newborn and the Magic Skulls, un trio décapant, goguenard, à la dynamique si communicative. Voici donc les nouveaux héros de cette fin d’année devenue pour le coup plus enthousiasmante et digne d’intérêt, notamment grâce à son accessibilité.


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escobar56 14/10/2009 09:22


Je ne connaissais pas du tout. En somme ce n'est pas un album rap ? C'est plus un mélande entre rock, soul et funk non ?

En tout cas l'extrait que tu as posté est intéressant, pourquoi pas me pencher sur le reste...


Crazy Horus 14/10/2009 11:24


Ouais c'est un mélange électro/rock/soul/funk. C'est vraiment bon et gentiment barré.