A.G. : Everything's Berri

Publié le par Crazy Horus

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Est-il encore besoin de le présenter ? Andre Barnes dit A.G., membre statutaire du légendaire D.I.T.C aujourd’hui tristement démembré, est le fruit des fastes années Hip Hop qui animent la fin du XXème siècle. Originaire du Bronx, lieu originel et historique, bastion inexpugnable de Boogie Down Productions durant les années 1980, A.G. est devenu au fil du temps un des gardiens de l’intégrité rapologique des 90’s, à l’heure où certaines connaissances issues de l’underground ont honteusement vendu leurs skillz pour s’acheter la panoplie du parfait opportuniste. Si ses doublons avec O.C ou Showbiz ont toujours su conserver une teinte “traditionnelle” formidable (Runaway Slave, Goodfellas, Full Scale), son parcours en solitaire est en revanche plus singulier, n’hésitant pas à flirter avec les excentricités musicales de Madlib ou Oh No (Get Dirty Radio) afin de brouiller toujours un peu plus les pistes. N’écoutant que son instinct et profitant d’un certain effet de surprise, A.G. nous prend une fois de plus à contre-pied avec un album à la cover sublime qui sent bon les good old days.

Faisant cavalier seul, Andre The Giant s’est offert les services de Ray West, producteur inconnu (dont on a pu apprécier le travail de mixage sur le superbe Marcberg de Roc Marciano paru dernièrement) et qui remplace le temps d’un opus les fidèles acolytes que sont Show, Lord Finesse ou encore E-Blaze. Délaissant le rap percutant et technique auquel nous étions habitués, A.G. semble avoir pris une certaine distance avec les textures sonores qu’il affectionne régulièrement. Exit les cuts incisifs, les drums qui claquent et les lourdes basses qui jalonnent les productions du D.I.T.C, Ray West déploie un style en tout point opposé sur lequel le MC expose son art du chill (”I Wanna Chill”). L’ossature d’Everything’s Berri fait ainsi état d’un dépouillement radical au minimalisme brut souvent déstabilisant (”Xenobia”, “YMI Still Here”, “On The Block (Tremont Spot)”), qui s’élève par moments vers un onirisme à la beauté figée et vaporeuse (”Dreams”, “Berriville”, et  son sample de Teddy Pendergrass, “Tweet Heart”). Si certains titres frôlent l’insomnie, d’autres au contraire affichent une couleur plus éclatante comme “Infected” reposant sur une fine boucle empruntée au “Nothing Stronger Than Love” de Natalie Cole, “Fuck The Club” ou encore le chatoyant “Party Hard, Hustle Hard” sur lequel la voix rocailleuse de feu Party Arty tranche de manière nette avec le velours de la production. 

Au final, on regrettera tout de même l’absence de rythme, car si certains titres bénéficient d’un soin particulier en installant un véritable univers, la majorité tombe malheureusement dans des formes apathiques nauséeuses. A.G. reste définitivement plus convaincant lorsqu’il s’associe avec O.C. et ses larrons du Bronx, à l’image d’Oasis. On attend plus que la prochaine livraison avec Show pour nous faire oublier tout ça.

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Publié dans Rap

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Laurent - Clap Yo Handz 31/08/2010 00:14


Bien sûr, c'est "Dancer". Le son est en écoute sur mon blog, faut revenir un peu en arrière...


Crazy Horus 31/08/2010 11:50



okay merci je vais m'écouter ça sur ton blog qui bien sympa.



Laurent - Clap Yo Handz 30/08/2010 19:59


Oulala, le gros sample de Tatsuro Yamashita...


Crazy Horus 30/08/2010 22:22



d'ailleurs si tu pouvais me donner le titre du morceau original... ;)



escobar56 29/07/2010 23:30


J'ai toujours pas écouté ce projet mais effectivement cette cover est dingue. Je teste ça et on en reparle PJ.


Crazy Horus 30/07/2010 07:22



ça roule ;)



drill 29/07/2010 23:14


c'est vrai que l'album est très rigide et qu'il faut vraiment forcer pour rentrer dedans. On sent quand même l'impact de Macberg sur cet album qui reste au final un bon projet que je noterai à
14/20. Je trouve le travail de Beri très bon mais pas forcément en adéquation avec le flow de AG.

Mais rien que pour la pochette, je l'ai acheté !


Crazy Horus 29/07/2010 23:23



Pareil ! au final ma notation n'arrive pas à rendre réellement compte de mon avis. J'ai vraiment hésité à mettre trois @@@ et j'hésite encore, je pense que je vais finir pas lui mettre @@@ car
c'est quand même un projet que j'apprécie et la prise de risque est bien présente. Comme toi j'ai aussi ressenti un peu la même ambiance que sur le dernier Marciano, et d'ailleurs je l'aurais
limite préféré à A.G. là dessus. D'ailleurs Roc pose dessus et on sent la différence. Rien que le timbre de sa voix ça change tout.