Blockhead : The Music Scene

Publié le par Crazy Horus

Blockhead-The Music Scene

Connu pour avoir officié pour des figures comme Aesop Rock, LoDeck, Many Styles et Murs, James Antony Simon dit Blockhead est un peu l’éminence grise de l’abstract hip hop de ces dernières années, vadrouillant au gré des invitations sur divers albums dont le dernier en date, Depart From Me de Cage. Après s’être fait la main sur les opus de son camarade, le singulier Aesop Rock, le producteur new yorkais ne s’est pas limité à la simple collaboration rituelle. En parallèle, celui-ci s’est engagé sur un axe plus personnel qui prend racine avec l’excellent  Music By Cavelight paru en 2003 sur l’éminent label Ninja Tune, débroussaillant ainsi le chemin pour les réalisations suivantes que sont Downtown Science, et Uncle Tony's Coloring Book.

Si avec The Music Scene, Blockhead ne révolutionne pas les codes du downtempo, il n’en demeure pas moins que ce dernier opus reste d’une qualité appréciable. Riche en atmosphères diverses, l’album glisse de l’ambiant vers quelque chose qui s’approcherait d’une bande originale de film (« It’s Raining Clouds »). Style cinématographique omniprésent qui confère à l’ensemble une esthétique particulière où se déploie un trip hop soyeux et intimiste. Le producteur semble avoir mis en forme de multiples influences musicales tout en évitant soigneusement la vulgaire superposition des genres. Fleuretant sagement avec le psyché (« The Daily Routine » « Pity Party »), ou s’acoquinant avec des teintes plus jazzy (« Only Sequences Change »), Blockhead évolue avec aise sur ces structures protéiformes teintées d’electro discret mais terriblement efficace.

Le producteur prend ainsi un plaisir évident à créer des titres qui stimulent l’imagination tel que « Which One Of You Jerks Drank My Arnold Palmer? », sorte de western spaghetti du XXIème siècle dont la référence à Ennio Morricone apparaît en filigrane. Certains morceaux voient leur entame radicalement transformée à mesure que de nouvelles sonorités s’installent, pour donner au final un résultat inattendu mais amené avec une adresse remarquable dans le dégradé (« Farewell Spaceman »).

Le travail tout en finesse de Blockhead finit par porter ses fruits. L’ensemble fait autant appel à la sensibilité de son créateur qu’à sa capacité à décliner des univers où l’imprévisible est le maître mot. The Music Scene séduit par son côté éthéré et imagé digne d’une B.O pour film d’anticipation contemplatif. James Antony Simon signe ici sa plus belle œuvre, loin des poncifs qui parfois entourent le downtempo. Du grand art tout simplement.

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Nass' 20/05/2010 22:23


Blockhead nous ouvre les portes d'un royaume aux mille délices sonores, où la verve cinématographique faites de répliques interrogatrices côtoie des réminiscences d'une culture musicale si
lointaine, si belle et pourtant tellement éclatée en centaines de morceaux... Un joyeux bordel sonore où Blockhaed s'amuse à y faire régner un semblant d'ordre établi.

Un voyage psychédélique dans les arcanes des témoignages musicaux de notre ère. Cinéphile que je suis, je peux (comme l'avait si bien appliqué le groupe Blue Sky Black Death dans l'album "Late
Night Cinema) superposer des plans contemplatifs d'espaces qui ont marqué ma passion pour le 7e art à des matières auditives bigarrées susceptibles de déclencher une profusion d'images mentales
liées aux innombrables découvertes audio-visuelles. Un voyage ponctué par les soubresauts d'un imaginaire que l'on ne peut quantifier et délimiter. Un beau voyage.

Tout ça pour dire que je ne lâche plus le CD depuis 1 mois, un sacré bazar ce truc, encore plus addictif pour les amateurs de Bandes Originales de films.


Crazy Horus 20/05/2010 22:47



T'es bien inspiré ça fait plaisir ! On peut dire que l'opus porte bien son nom. Je l'écoute moins maintenant, je laisse reposer un peu...



Thomas 03/03/2010 12:43


Po mêl du tout!


Crazy Horus 03/03/2010 13:27


Chope le !!