DJ Cam Quartet : Diggin'

Publié le par Crazy Horus

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Figure majeure de l’abstract hip hop, DJ Cam continue à se faire discret depuis ses débuts remarquables sur Underground Vibes (1994), qui en fait un des albums précurseurs de cette nouvelle vibe mi électro mi hip hop qui accouchera par la suite du mouvement trip hop dans les environs de Bristol. Durant le milieu des années 1990, ce genre prend alors de l’ampleur, enrichissant toujours un peu plus l’histoire de la musique électronique. Au même moment, aux quatre coins du monde, d’autres musiciens comme le nippon DJ Krush (Krush en 1995) et plus tard DJ Shadow (Endtroducing… en 1996), font leur apparition avec une approche quasi similaire. Plus qu’un engouement, c’est une véritable redéfinition de la musique qui prend forme.

Né en France, Laurent Daumail affectionne particulièrement la passion de son paternel : le jazz, qu’il mêlera avec soin à un son électro soyeux où le hip hop n’est jamais très loin (Substances en 1996 et  Liquid Hip Hop en 2004). Pour preuve, en 2009 le Français décide de revenir avec un opus dont la ligne artistique a été esquissée sur le neuvième volume de la compilation Saint-Germain-des-Prés, qui donnera au final Diggin’, album sur lequel DJ Cam propose une « cool session » teintée de sonorités hip hop.

Une fois n’est pas coutume, le jazz se taille la part du lion, mais de quelle manière ! Les cuivres velouteux dégagent une onctuosité façon Miles Davis première période (« Nebulosa »). Le temps reste comme suspendu dans une contemplation sans fin, elle-même bercée par les lignes sensuelles d’une trompette fiévreuse. La voix diaphane d’Inlove envoute littéralement des morceaux à la beauté cristalline tels que « Little Sunflower », « Everybody Loves The Sunshine » ou « You’ve Got To Have Freedom ». Instants fragiles, rythmés par le son mat d’un beat qui sait parfois se faire percutant (« Boss Guitar ») sans jamais briser cette quiétude sacrée.

Témoignage de ses premières amours, les quelques scratches qui s’égrainent tout au long de l’opus amènent une dynamique intéressante (« Think Twice ») donnant un peu plus d’épaisseur à cet ensemble lumineux et délicieusement feutré. Habile manipulateur des textures de velours, Cam sait aussi nous amener vers des ambiances tout aussi « smooth », proposant un son « laid back » qui s’acoquine avec un funk ronflant (« Climax »).

Ainsi, les écueils de l’ « easy listening » sont ici largement évités. DJ Cam a su transmettre une sensibilité palpable où l’équilibre entre hip hop et jazz est intelligemment sauvegardé (« Mystic View »). Même si Diggin’ n’est pas ce qu’on pourrait appeler un album à risque, celui-ci sait en revanche se faire apprécier de par son aspect classieux et poétique.

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