Doom & Tha Gimp : We Need Food (The Dirty Remixes)

Publié le par Crazy Horus

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Né au début des années 1980, le home studio a été une étape supplémentaire dans la « démocratisation » de l’accès à la musique, notamment grâce au développement du matériel électronique mis sur le marché par des marques comme Roland ou Yamaha. L’époque voit ainsi apparaître toute une série de synthétiseurs, de sampleurs, qui participent alors à une certaine émulation. L’intrusion de l’informatique à partir de 1985 repoussera encore un peu plus loin les limites de la technologie, en offrant de nouvelles perspectives par l’utilisation de logiciels et l’adoption du langage MIDI. Tout ira ensuite très vite avec l’emploi du son numérique et sa prise en charge par des interfaces comme Pro Tools, grâce à qui l’autodidacte peut exprimer sa créativité. Cette révolution combinée à l’outil internet contribue actuellement à la diffusion et la visibilité massive du travail produit. Ainsi, régulièrement se forment de nouveaux projets musicaux élaborés dans l’atmosphère familière d’une chambre exigüe, d’un salon ou d’une cuisine… La musique est à portée de main.

Parmi cette myriade de producteurs autoproclamés, un jeune beatmaker de Nancy, Tha Gimp pris par le virus du sampling alors qu’il enregistrait sa première boucle soul, celle du délicat « Close The Door » de Teddy Pendergrass. Depuis, rien n’est plus comme avant. Le sample est devenu une obsession. Largement inspiré par la fièvre créatrice de ses mentors que sont Madlib et (MF) Doom, Tha Gimp multiplie les projets : en solo avec Tha Gimp's Sleeping ou en compagnie de Lp Style sur Five Days, sur lesquels il élabore des instrumentaux bigarrés qui ne sont pas sans rappeler le génie d’Oxnard.

Fort de cette expérience grisante, notre homme tenait tout de même à s’aventurer vers un concept plus en marge, aux accents expérimentaux et moins conventionnels. Celui-ci s’apprête donc à sortir un maxi au titre « clin d’œil » : Doom & Tha Gimp : We Need Food (The Dirty Remixes).

C’est à mil lieues du format lisse et propret des productions aseptisées, que ce projet prend toute sa dimension. Climat brumeux, ambiance cafardeuse sous fond de ciel anthracite se déploient ici comme une trainée de boue. La texture faussement brouillonne des beats rajoute au côté poisseux qui semble sorti d’une vieille cave (« Change The Beat »). L’a capela décalé de Doom s’intègre ainsi parfaitement à cet ensemble volontairement crasseux comme l’attestent le corrosif « Rock Co. Kane Flow » et l’orgiaque « My Favorite Ladies », deux morceaux qui illustrent bien la démarche débridée de Tha Gimp. We Need Food (The Dirty Remixes) vient exploser tous les canons du genre sans regarder en arrière. Car il s’agissait avant tout pour lui de se faire plaisir : « Rien à foutre des refrains/couplets, des 16/8 mesures, j'essaie de salir le son au maximum ».

C’est chose faite pour un résultat dépouillé et sincèrement convaincant. Le maxi paraîtra sur le label Lejuque Box en téléchargement gratuit sur son myspace. En attendant vous pourrez toujours vous faire les dents sur ses projets précédents vous ne le regretterez pas.

Merci pour la sollicitation en tout cas ce fut un plaisir !

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Myspace Tha Gimp

Myspace Lp Style

Myspace Lejuque Box

 

 

Publié dans Rap

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