Grand Puba : Retroactive

Publié le par Crazy Horus


Si One For All des Brand Nubian paru en 1990 avait inauguré une longue série d’albums garnis de breaks funky, et de samples soul/jazz, il semblerait que le style ait quelque peu déteint sur la discographie d’un de ses membres fondateurs, le bien nommé Grand Puba. Celui-ci n’aura pas perdu son temps, car après avoir quitté le groupe (qu’il rejoindra en 1998) le rappeur sort dès 1992 un Reel To Reel phénoménal composé notamment du fameux « Back It Up » avec l’inoxydable Kid Capri. Essai réitéré avec 2000 en 1995 qui colle bien à l’air du temps, tout comme Understand This un peu plus tard en 2001 qui reçut un accueil favorable des critiques grâce à des titres imposants tels que « Issues » ou « Up And Down ».

Malgré un point mort discographique du groupe depuis 2007, les membres semblent être resté sur une phase productive à l’image de Sadat X qui a sorti récemment un Brand New Bein'  entièrement produit par DJ JS-One issu du mythique Rocksteady Crew. Coïncidence ou pas, si son opus éclot en même temps que celui de son vieux compère, le parallèle s’arrête là tellement les albums respectifs sont différents. Si Sadat X renoue avec une approche plus classique du rap, Puba de sont côté offre des productions moins brutes, plus soul, et douces à l’oreille. Il n’en reste pas moins que le résultat est assez troublant car résolument tourné côté chant.

C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on pourrait faire à Retroactive qui fait la part belle aux passes RnB et autres refrains dispensables qui viennent entacher des productions prometteuses comme « I See Dead People », « Go Hard » ou « It Is What It Is ». On soulignera le même souci avec « How Long » qui ne résiste pas à cette pandémie du vocoder et qui vient dénaturer ici un beat percutant… Tout ceci est bien dommage car le travail soulful des productions est pourtant appréciable et rafraîchissant. En témoignent « Hunny » et son gimmick quasi disco, ou « Get That Money » à la voix discrètement pitchée et à l’ondulation de violons stridents.

Bien que l’opus ne cesse de jouer aux montagnes russes, les derniers titres fonctionnent avec une qualité respectable. Notons tout d’abord l’excellente performance de Sarah Martinez sur « Reality Check » portée par une production d’une finesse aérienne troublante et qui passe le témoin de manière admirable au soulissime « Cold Cold World » au refrain très 60s. D’un autre côté, la collaboration avec Kid Capri (« This Joint Right Here ») injecte un rap débridé et déstructuré, seule réelle folie que s’autorise ici Puba. Quant à « Good To Go » fruit d’une coopération avec Q-Tip, celui-ci peine à relever le niveau d’un ensemble plutôt mitigé.

Loin d’être un fiasco monumental, Grand Puba ne parvient qu’à convaincre partiellement, en raison d’un manque d’audace palpable. On regrettera par là même, les choix artistiques douteux liés à des phases éparses d’une soul frelatée. Retroactive laisse donc un goût amer trop prononcé pour persuader dans son intégralité.   

 



Chronique publiée pour rap2k.com

 

Publié dans Rap

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escobar56 14/10/2009 13:15


Incroyable coincidence : je suis actuellement en train de réécouter cet album que je n'avais plus ressorti depuis au moins un mois et pile je tombe sur ta chronique !
Pour moi cet essai de Grand Puba est une vraie réussite. Chez le disquaire j'ai d'abord été séduit par la pochette avant d'être séduit par le son une fois à la maison. Je trouve son album frais,
chaud, soulful et bien dans l'air du temps.

Aucunement révolutionnaire, Retroactive a pour moi le mérite de faire un bien fou.

3,5/5 !!


Crazy Horus 14/10/2009 18:21


Ouais c'est marrant je vais ça sur le blog de Saggit alors que j' allais mettre un nouveau post car j'avais trouvé l'album horrible. En fait ça va il passe pas trop mal, mais les parties chantées
gâchent l'opus je trouve. Par contre d'un point de vue esthétique l'album est classe.