Slaughterhouse : EP

Publié le par Crazy Horus

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Depuis la parution de leur premier opus en 2009, les garçons bouchers de Slaughterhouse suscitent toujours autant d’intérêt. La sortie de cet EP éponyme intervient quant à lui à un moment stratégique, car il s’agit de leur dernier projet sur E1 suite à la signature en major chez Shady-Interscope. Le spectre d’Eminem ne semble pas très loin si on en juge par la première de couverture du magazine XXL de mars prochain. De retour pour de bon ?

Back On The Scene

A défaut d’un véritable album en 2010 comme il était annoncé, Slaughterhouse se contentera donc d’un EP avant de s’attaquer à un projet d’une plus grande ampleur. Car jusque là, le résultat concédé par Joe Budden et ses trois acolytes apparaît quelque peu mitigé. Malgré une identité non définie qui peine à cacher son côté artificiel, nos quatre garçons dans le vent ne lâchent pas le morceau et comptent bien hacher menu les charts US dans un futur proche. Pour l’occasion, cet EP délivré en début d’année semble plus être un effort marketing pour entretenir le buzz qu’un exercice de style purement musical. Car avec six titres dont trois inédits et trois remixes, le combo Budden-Royce-Ortiz-Crooked I risque d’avoir du mal à convaincre pleinement.

Le dépeçage

On ne se le cachera pas, mais le plus intéressant dans cet EP reste évidemment les trois premières pistes. Morceaux inédits respectivement produits par le beatmaker australien M-Phazes, le compositeur du D-12 Mr Porter et le natif de Motor City Black Milk. Un trio de producteurs talentueux pour trois styles à part qui au final s’imbriquent plutôt bien et confèrent à l’EP une bonne homogénéité. Si le single « Back On The Scene » dévoile un côté charnu et généreux sur lequel les Mcs semblent prendre un certain plaisir, « Sun Doobie » joue la carte d’un minimalisme vitaminé auquel répond la production hypnotique de Black Milk sur « Everybody Down ». Une entame d’assez bonne facture mais difficilement relayée par l’autre moitié beaucoup plus en retrait. Entre longueur (« Put Some Money On It » remix d’un titre du dernier album d’Ortiz) et apathie synthétique (« Fight Club »), l’EP plonge dans un bouillon fade comparé aux morceaux précités, en tombant dans le piège du hook flingué sur un « Move On » pourtant envoutant.

A défaut d’un véritable retour sur scène, cette galette permet à Slaughterhouse de partir d’E1 avec les honneurs. Reste à savoir si leur deal récent avec Shady Records va leur permettre de prendre une tout autre ampleur.

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Chronique publiée pour NeoBoto.com

Publié dans Rap

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