S.Mos : Hip Hop & Jazz Mixed Up

Publié le par Crazy Horus

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Depuis toujours, le jazz fait partie des racines musicales que le rap s’est très vite approprié, à tel point que certains groupes et artistes ont été catégorisés dans une branche dite « rap-jazz ». Si le poids des étiquettes est parfois lourd à porter comme l’a souvent répété DJ Premier à propos de Gangstarr et son morceau « Jazz Thing » dont la réception aura faussé quelque peu la ligne artistique originelle, force est d’avouer qu’en la matière certains en sont devenus d’illustres experts comme A Tribe Called Quest ou Digable Planets. Par ailleurs les collaborations entre artistes jazz et MC/Beatmakers sont aussi là pour rappeler la filiation légitime qui existe entre ces deux courants musicaux extrêmement proches de par leur dynamique révolutionnaire. Ainsi, un son nouveau est né des associations  audacieuses entre Miles Davis et Easy Moe Bee, Herbie Hancock et Grand Mixer DXT sur le mythique « Rockit », Buckshot Lefonque et DJ Premier, sans oublier Lonnie Liston Smith, Donald Byrd et Roy Ayers dont le travail avec Guru a contribué au succès du premier Jazzmatazz.

Back to the roots

C’est donc dans cette veine artistique que S.Mos – notamment pianiste pour Birdy Nam Nam et compositeur – semble vouloir s’inscrire depuis que ce dernier s’est employé à compiler les crossovers sur ses volumes Hip Hop & Jazz. Avec ce Mixed Up, S.Mos nous permet de toucher du doigt un rêve que beaucoup espéraient en secret, celui d’allier certaines grandes figures du rap avec des pointures comme Count Basie ou Thelonious Monk. Grâce à un mixage habile et un sens de la mélodie et du rythme, notre musicien nous permet d’entreprendre une lecture musicale sous un angle nouveau. Certains morceaux a capella comme « Today Was A Good Day » d’Ice Cube ou « Shimmy Shimmy Ya » d’Ol’ Dirty Bastard quittent leurs samples d’origine pour se frotter aux notes colorées de Cannonball Adderley (« Work Song ») et de Lou Donaldson (« Who’s Making Love »). L’effet est pour le moins saisissant, surtout lorsque 2Pac entame cette ode maternelle célèbre qu’est « Dear Mama » et qui au final prend la forme d’un slam émouvant sur les notes gracieuses de Ray Bryant (« The Thrill Is Gone »).

Dès lors, on s’aperçoit très vite que S.Mos a su conserver l’esprit des titres originaux sur des morceaux où la folie de Busta Rhymes rencontre le jazz explosif de Count Basie (« Topsy ») et sur lesquels la verve d’Eminem conserve son caractère licencieux (« Sweet Honey Bee »). Ainsi, des pans de l’Histoire comme « The Message » de Grandmaster Flash » ou les poèmes enflammés des Watts Prophets sont revisités sous les accents toniques de Kenny Dorham et Charles Mingus. Dans un souci d’authenticité, S.Mos a pris le parti de s’écarter de la bonne vieille boucle samplée pour laisser jouer le morceau avec un plaisir non dissimulé et communicatif qui nous réconcilie à l’occasion avec des personnalités plus que douteuses comme les Black Eyed Peas ou Twista.

Avec ce Hip Hop And Jazz Mixed Up, S.Mos part d’une initiative aussi originale qu’intéressante pour arriver à un résultat étonnant qui traduit un réel sens du mixage. Preuve une nouvelle fois que le rap sait épouser des formes inattendues sans renier pour autant ses origines.

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Myspace : www.myspace.com/s.mos1

 

Chronique publiée pour NeoBoto.com

Publié dans Rap

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Commenter cet article

bealdo 23/01/2011 22:48


tuerie intégrale.


Crazy Horus 23/01/2011 23:20



Exact, un projet vraiment original ça fait du bien !